Jeudi 23 juillet 2009
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17:58
Échec
C'est un matin gris, une petite brise se lève et quelques gouttes d'eau ruissellent sur les fenêtres. L'homme se lève tout doucement, il déplie ses jambes, ses bras, il dénoue ses muscles. Il est
nu, d'une nudité encombrante, il enfile un jean, et il laisse son torse, qui commence peu à peu à être marqué par le temps, au regards innocents des hasards.
Il se dirige vers la fenêtre d'un pas alerte et puis il ouvre le store sale, mais de cette saleté que l'on retrouve uniquement chez les gens pauvres. Pauvre de coeur, pauvre de tout. Il n'est pas
ébloui par les rayons du soleil, ce qui aurai peut-être changé son humeur.
L'homme regarde à travers la fenêtre embuée de la pièce. On peut y voir une ruelle sombre, les murs sont barbouillés de toute la haine des gens, dans un coin, il y a une voiture brûlée qui n'a
pas échappée aux flammes de la révolte. Rien n'incite l'homme à sortir mais rien ne l'incite non plus à rester.
Il est dix heures, il erre dans les rues encore endormies en ce dimanche matin. Dans les maisons plus aisées les enfants sont en fête, ils déballent leurs cadeaux au pied des sapins, c'est
noël.
Le temps est extrêmement doux pour la saison, il marche tout droit, puis il vagabonde dans un parc, bien mal entretenu malheureusement. Il a froid, il tremble, il n'en peut plus de souffrir
intérieurement. Il croise le regard d'une jeune femme, elle n'est pas spécialement belle, mais elle a un regard apaisant. Il la regarde, elle lui sourit, cela faisait bien longtemps qu'il n'avait
pas eu je droit à un tel sourire, une telle tendresse. Il reste là, immobile, il la fixe pendant de longues minutes, elle ne bouge pas non plus. Et puis, il poursuit sa route mais étrangement son
coeur est reposé. Il rentre dans une allée de jardin parsemée de rosiers multicolores. Il connaît cet endroit par coeur, c'est celui de son enfance. Il frappe, puis rentre, il se dirige vers le
salon. Il voit sa mère assise dans un coin, elle a encore le visage et le coeur bleuté et elle pleure. L'homme n'en peut plus, il étouffe, il attrape le long couteaux qui est situé près de
l'ancienne commode. Il monte au premier, son père est là étendu sur son lit, la bouteille à la main, il lève le bras et le sang se met à couler, il y en a partout, sur l'oreiller, les draps, peu
à peu toute la maison en est imprégnée. Il redescend l'escalier avec une longueur inexplicable, puis tel un automate, il se dirige vers la salle, prend sa mère par la main, rassemble quelques
affaires et va vers la porte d'entrée. Une odeur de moisissure leur monte au nez, sa mère ferme soigneusement les lumières, la porte d'entrée à double tour et suit son fils docilement dans
l'allée.
Quatre ans plus tard il est arrêté et condamné à vie pour le meurtre de son père, sa mère après avoir perdu la raison échoue dans un hôpital psychiatrique où elle mourut presque centenaire après
un long, un très long silence.
Sancie.